quoi ?

5  juillet  2016

 

Depuis mon jeune âge, et pendant toute une vie professionnelle d’urbaniste architecte, j’ai mené de concert deux activités : mon métier et une intense activité de photographe.

Cependant, je n’ai jamais été reporter, journaliste photographe ou iconographe. J’ai choisi mes sujets en fonction de mes envies et de mes opportunités. Je continue de la même manière, maintenant que je pratique la photographie à plein temps.

J’aime photographier la vraie vie (celle du moment et des changements en cours), les pays, les régions et les lieux où vivent les gens et les gens eux-mêmes. J’apprécie surtout ces lieux ou ces moments quand ils sont significatifs ou indicatifs des changements de société ou des évolutions des modes de vie. Le monde qui bouge est mon domaine. Mon activité a toujours été menée par des pratiques créatives, innovantes et critiques.

J’aime la vie, j’aime les hommes et la vie sociale, j’aime le monde. J’aime les découvertes et j’aime la lumière et le soleil. C’est tout cela que je traduis dans mes images. Je procède à un travail méticuleux pour rendre ces atmosphères de chaleur et de soleil écrasant. Je peaufine mes cadrages : les plus rigoureux et les plus simples sont pour moi les meilleurs.

Optimiste et aussi engagé, je montre ma part d’implication par des images qui veulent mettre en valeur les dynamismes et les créativités positives. C’est un contre-poids aux actuelles réalités brutales, aux positions rétrogrades stérilisantes, au confort du passéisme et des conformismes.  

 

Projets et séries

L’’Art de la Promenade est l’un des principaux axes de recherche dans ma manière de m’exprimer. Les projets se construisent sur plusieurs mois ou plusieurs années ou bien restent une réponse ponctuelle à une opportunité.

 

La présentation actuelle de mes photographies s’organise de la façon suivante :

 

1       D’abord une série spéciale qui se constitue depuis plus de dix ans et que j’enrichis à chaque occasion. Je suis très attaché à ce travail.

 

Il n’y pas là d’instants ordinaires

Projet toujours en cours

 

Avec cette série, on plonge dans un certain univers, celui des espaces et de la société de l’art contemporain que l’on croise dans les musées, les galeries, et les grandes manifestations internationales. Le travail, commencé il y a dix ans, consiste à confronter les œuvres exposées et les gens qui viennent pour les découvrir. Ces endroits attirent une société humaine très spécifique et plutôt bigarrée, mêlant des étudiants, des artistes pauvres, des collectionneurs richissimes, des marchands d’art, des bourgeois bohèmes (ou pas !), des familles et des visiteurs anonymes non identifiables… Tout cela constitue une scène riche de diversité, et un moment théâtral extraordinaire qui en dit beaucoup sur notre société d’aujourd’hui. J’essaye de communiquer par mes images mon impression profonde que nous vivons là une extraordinaire « commedia dell’arte », sympathique et détonante, vivante et décalée, très représentative de la vie culturelle urbaine actuelle, mais aussi des dérives de la marchandisation de l’art. C’est un travail que je veux critique et sympathique à la fois, sur le détournement de sens. On dit que c’est le regard du regardeur qui fait l’œuvre. C’est aussi ce qu’expriment ces photos.

 

2       En second, un ensemble de séries autour de…

 

L’Art de la Promenade

Séries

 

L’Art de la promenade présente ici deux ensembles de séries :

2-1    Les Promenades urbaines

 

Elles présentent d’abord des séries plutôt récentes issues de voyages et de séjours dans des villes européennes.

Série 1           Berlin 

Série 2           Hambourg

Série 3           Rhénanie-Palatinat : Wörrstad, Saullhem

Ces trois premières séries réunissent une sélection de photos urbaines des deux dernières années en Allemagne. On y voit un dynamisme culturel passionnant, tourné vers l’avenir. La vie de rue y est très ouverte, toutes générations confondues. On voit là un peuple qui n’a pas peur de demain et prend la vie présente à bras le corps. Le contraire du « Brexit » et de leurs équivalents rétrogrades en France (ou ailleurs). Ces séjours ont été un vrai plaisir.

 

Série 4           Emilie-Romagne : Bologne, Modène, Comaccio

En 2010, nous avons séjourné une semaine et demie en plein centre de Bologne où nous nous sommes plongés dans la vie locale, hors saison touristique. Contrairement aux séjours en Allemagne, le soleil était toujours présent et cette ville colorée brillait de tout son éclat. La douceur et la matière des enduits colorés des façades permettent des images fortes et douces à la fois, comme je les aime !

 

Une série plus ancienne (1989)

Série 5           Miami Beach

Dans ce quartier de Miami Beach, la plupart des bâtiments ont été construits dans les années 1930 et 1940 et sont assimilés à la deuxième vague de l'Art Déco appelée style « paquebot ». Ils se caractérisent par leurs couleurs pastel, leurs décors floraux et aquatiques et les évocations du design nautique des paquebots. Restauré dans les années 1980, ce quartier présentait en 1990, date des prises de vue, une unité forte et tous les détails de décorations, les modénatures des façades, les auvents, les enseignes étaient impeccablement peints dans cette palette de couleurs pastel un peu saturées quelquefois. Pour tout dire, cela ressemblait étrangement aux ambiances de rue de certaines bandes dessinées de mon adolescence. Outre le style des décors, les volumes des bâtiments et les formes architecturales, ces immeubles sont remarquablement équilibrés et présentent des formes graphiques fortes et étonnantes. J’ai pris un véritable plaisir à cadrer ces atmosphères et ces détails.

 

Enfin deux séries thématiques qui concernent plusieurs villes du monde :

 

Série 6           Là où les gens vivent aussi

Constituée au fil de temps depuis quelques années, cette série optimiste cherche à exprimer dans la diversité des cultures et des pays, l’attachement au quartier, à la maison, à l’immeuble, au plaisir d’identifier l’habitat... Elle montre une variété de lieux, de cadres de vie, d’ambiances, de formes architecturales modestes, banales ou plus sophistiquées. Elle veut exprimer la chaleur et la lumière d’été, mais aussi un bien-être et un vrai plaisir. Cela se veut un hymne volontairement sympathique à l’architecture modeste et créative, à la matière, à la couleur et à la lumière et une collection de beautés simples et d’art de vivre.

 

Série 7           Coins de rue de « briques » et de broc

Cette série récente est une recherche sur l’esthétique des paysages en changement dans les nouveaux quartiers des grandes villes. Là se déploient une créativité et une dynamique formidable où se côtoient des friches urbaines et architecturales anciennes, des constructions contemporaines fortes utilisant de nouveaux matériaux, des ensembles agglomérant tout un « n’importe quoi » vivant et créatif. Tout cela provoque des changements et entraîne des évolutions et de nouveaux concepts de vie. Cette série à été principalement réalisée dans des villes anglaises, mais pas seulement.

 

 

2-2    Les Promenades provinciales du monde

 

Elles présentent des séries thématiques, très différentes les unes des autres issues de lieux provinciaux, de hameaux, villages ou de pleine nature. Les sujets sont fortement liés aux importantes évolutions que subissent ces espaces et ces lieux, pour le bien ou pour le mal…

 

Série 8           Les 100 vues de cabanes littorales

Ces lieux restés longtemps des espaces de travail se transforment un peu partout en hameaux résidentiels ou touristiques et montrent un travail souvent créatif dans l’aménagement des bâtiments et des lieux privés et publics. Il y règne une ambiance sympathique et on y croise des gens très différents les uns des autres, marginaux ou touristes. Un melting pot social détonnant !

 

Série 9           La beauté des paysages ment

On est quelquefois totalement envouté par la beauté de certains paysages. Malheureusement, on doit quelquefois constater que ces beautés fulgurantes et parfois délicieuses sont destinées à disparaître. Cette série montre des paysages merveilleux en grands périls pour diverses raisons, toutes liées à l’inconscience des hommes :

Ici, la lagune et sa flore idyllique sont déjà atteintes par le pompage de l’eau saumâtre remplacée par de l’eau douce extrêmement polluée, issue des extractions d’une gigantesque mine proche. Là, cette forêt sèche extravagante (le bush épineux) dite « primaire », n’est en fait qu’une reconstitution sur une parcelle au milieu de milliers d’hectares de cultures où l’on déverse d’énormes quantités de pesticides et d’autres produits nocifs. La déforestation systématique a détruit les sols fertiles des plateaux montagneux malgaches. Ailleurs, les plus beaux paysages de déserts sont maintenant menacés par l’extraction d’hydrocarbures. Là, le fleuve en forêt Guyanaise est pollué au mercure issu de l’orpaillage sauvage. Partout dans le monde, la menace vient de la pression urbaine ou touristique, ou de sa sur-fréquentation.

Décidément, souvent la beauté des paysages ment !...

 

10         Dérives en rivages

Les rives et les rivages sont les promesses d’un ailleurs. La terre, l’eau et le ciel forment ici un dialogue sans fin, toujours différent, renouvelé par le climat du lieu ou du jour. Ils sont une source de dépaysement, de rêves d’aventures ou de tranquillité, de calme ou de tempête.

 

Série 11         Carreau de la fosse 9-9bis – Oignies

C’est un ancien site minier du nord, conservé comme mémoire du travail des hommes. Là, les matières, les textures et les formes sont prépondérantes. Les ensembles, les objets comme les détails ramènent aux conditions de travail des mineurs.

Il a été retenu par la Région comme site historique de mémoire des activités minières. Dans une partie des bâtiments annexes et sur des espaces libres, la Région a créé un centre culturel contemporain. On peut y voir une création originale de Louis DANDREL (musicien et designer sonore) : la salle de spectacles des nouvelles musiques appelée le Métaphone. Les façades de ce bâtiment sont aussi un instrument de musique : le bâtiment donne des sons par vibrations.

 

Série 12         Lumineuse Fantaisie militaire

Ce bâtiment est une ancienne caserne à Vendôme. Il est vide et désaffecté, et sert d’atelier occasionnel pour la municipalité. En regardant à travers ces filtres de couleur sous un soleil très fort et brillant, on découvre tout un univers onirique. Des décors aux couleurs fortes et variées, des rêves faits de murs, de colonnes et de poutres, de grandes fenêtres et de restes de mobiliers épars. Souvent le plexiglass reflétait aussi le paysage derrière moi, paysage qui venait se superposer aux décors intérieurs donnant une atmosphère surréaliste à certaines images. Les reflets sur les plexiglass proposent encore d’autres sortes d’images psychédéliques qui me rappelaient des pochettes de disques des années 1970…

 

3       Enfin un troisième ensemble constitué de prises de vues argentiques anciennes, datant des années 1960 -1980

 

Noir & Blanc 1960-1980

Séries

 

Série 13         Paris 1976 (quartier des passages couverts)

Pendant l’été 1976, j’ai participé avec un groupe d’enseignants, à un travail sur le thème de « La constitution de la ville européenne depuis ses origines : l’exemple de Paris ». Nous travaillions avec des étudiants américains de l’Université Columbia de New-York, au siège parisien de Reid –Hall.

J’ai conduit le travail sur les quartiers des passages couverts de part et d’autre des rues Saint Denis et Saint Martin. A l’occasion la préparation de ce travail, j’ai fait de nombreuses photos qui prennent aujourd’hui un sens nouveau et donnent une image intéressante de la vie de ces quartiers à cette époque.

 

Série 14         Danse dans un « pénétrable » de Raphaël Soto 1974

En 1974, nous avons emmené notre fille (3 ans) s’amuser au milieu des lanières de cordes blanches de la grande sculpture que Raphaël SOTO avait installée sur la terrasse de Musée d’Art Moderne de la ville de Paris au Palais de Tokyo. Elle n’était pas la seule à se réjouir de cet espace artistique magique et superbe…

 

Série 15         Les Dombes 1969 (1er prix du concours photographique départemental de l’Ain)

Natif de Lyon où j’habitais, mes parents nous emmenaient très souvent nous promener aux abords des étangs des Dombes. Je venais de découvrir les photographes japonais (Hiroshi HAMAYA, Kenzo IZU, Shöji UEDA…) et leur manière très minimaliste de photographier la nature. J’y ai alors fait des photos très graphiques. Je les ai présentées au concours départemental de photographie de l’Ain et à ma grande surprise j’ai remporté le premier prix.

 

Série 16         La Saône déborde 1963

La Saône déborde très souvent et les vastes prairies qui la bordent absorbent la plupart du temps ces débordements. En 1963, l’inondation a été plus importante et l’eau a atteint des lieux habituellement épargnés. J’ai profité de ce phénomène pour aller prendre quelques photos très graphiques aussi (comme dans les Dombes). Le résultat me paraît encore assez intéressant.

 

Série 17         Fanfare à Saint Jean-sur-Reyssouze 1963

Saint Jean-sur-Reyssouze dans l’Ain est le village ou habitait ma grand-mère et j‘y ai passé les premières années de ma vie pendant la guerre. Cette année-là, la commune accueillait dans une propriété privée le concours annuel des fanfares du département. Nous y sommes allés…

 

Série 18         Cappadoce 1970

La Turquie a été mon premier grand voyage. Nous sommes partis un mois, en 2CV, et sommes allés jusqu’à Kayseri (Cesare). Nous avons séjourné une semaine en Cappadoce où nous avons vécu avec la population, car il n’y avait là aucun touriste à cette époque. Ces paysages lunaires sont absolument superbes et les matières minérales chantent sous le soleil fort. Ce sont aussi des lieux passionnants, qui accueillirent les anachorètes et où des villes entières sont souterraines. L’accueil de la population a été extraordinaire.