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Le voyage

A une autre époque, les artistes et les intellectuels faisaient « Le Grand Tour » pour aller voir et apprendre les racines de notre civilisation. Ils voyageaient.  L’évolution de l’économie, de la société et de l’information, a conduit à une démocratisation des transports : de plus en plus de personnes dans le monde se déplacent, visitent et séjournent dans d’autres régions ou d’autres pays que le leur. Ils partent en vacances et font du tourisme.

Mes activités professionnelles et photographiques m’ont jusqu’à ce jour occupé à plein temps sans véritable place pour des vacances ou du tourisme. En revanche, mes déplacements incessants en France et dans le monde, ont été pour moi l’occasion de pratiquer « le voyage ». Le voyage est une façon de penser, d’agir, de partager : c’est avant tout un mode de vie basé sur les rencontres. Il impose une certaine lenteur, une durée. Il implique de vivre avec les coutumes locales, de changer d’habitudes et de point de vue et de s’ouvrir au autres.

Dans ce contexte, mes amis ont qualifié mon travail photographique réalisé dans ces conditions d’Art de la Promenade.

L’Art de la Promenade comme pratique photographique

Je travaille en plein air ! Ces promenades sont souvent pratiquées sans beaucoup de préparation préalable, mais je choisis, autant que possible, la destination, les endroits et le moment de la journée où je les pratique. Lorsque je n’ai pas le temps de le faire, je pars déambuler quelques heures dans l’environnement de mon lieu de séjour, souvent accompagné. Je fais mes meilleures photos lorsque j’atteins l’état de « laisser aller ». Là, le plaisir de marcher, d’aller voir « derrière », de se déplacer pour aller chercher le bon point de vue et profiter de la bonne lumière, de croiser des habitants et de trouver le contact avec eux, de scruter tout ce qui vit, tout ce qui bouge, tout ce qui marque d’une empreinte spécifique. Derrière tout décor, il y a un univers, une tranche de vie et c’est cela que je cherche à saisir et à montrer, même lorsqu’il s’agit de photos de bâtiments ou de rues.

La recherche de l’image photographique directe et simple

Depuis très longtemps, le format carré a eu ma prédilection. C’est l’école de la rigueur. Il oblige à des cadrages stricts, à des géométries rigoureuses, extrêmement simples. Pour moi, une bonne photo c’est une seule information, un seul message, une composition qui le dit directement et sans fioritures. Je cherche à montrer des images propres. On doit lire instantanément le sens de l’image et entrer dedans ensuite.

La post-production

Le développement sur l’ordinateur permet une seconde étape, complémentaire à la prise de vue. Il me permet principalement de faire un travail fin sur la lumière, les matières et les couleurs (pour moi le blanc en est une quintessence et très souvent une recherche absolue). Pourtant, je fais en sorte que l’image reste toujours une photographie : je ne recherche ni une sorte de peinture réaliste, ni une composition artificielle. Je montre un « réel imaginaire », un environnement mental et factuel fait de lumière, de matières et de formes, derrière lequel, en filigrane, on trouve la vie, les hommes et les évolutions de la société.